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Abbé Pierre Maillard (vers 1710-1762)

Prêtre des missions étrangères, formé au Séminaire du St-Esprit à Paris, l’abbé Pierre Maillard est envoyé en expédition en Acadie pour voir à l’évangélisation des « Sauvages », en l’occurrence des Mi’kmaqs. Suivant ce divin mandat, il s’installe à Louisbourg à l’été 1735 où il apprend la langue mi’kmaque et construit même les bases d’une écriture qui permet la traduction du catéchisme et de quelques prières. Son travail est reconnu en 1741, alors que Mgr de Pontbriand lui accorde le titre de grand-vicaire dans l’Est (provinces Maritimes).

Caractérisé par son zèle infatigable, l’abbé Maillard s’occupe de l’évangélisation des Autochtones, mais prend aussi sous son aile les affaires politiques de la colonie. Il dirige d’ailleurs les mouvements de révolte des Mi’kmaqs lors de la guerre anglo-française de 1744. Son titre le protège toutefois peu en temps de guerre, et lors de la prise de Port-Royal par les Anglais en 1745, il est conduit à Boston puis renvoyé en France. Il revient l’année suivante sur le navire amiral du duc d’Anville et est invité par le gouverneur à s’établir à Halifax. Partisan de la paix, l’abbé Maillard accepte les conditions de paix du commandant Schomberg au nom des Acadiens et persuade aussi les Mi’kmaqs de signer la paix avec les Anglais en 1761. De cette attitude résultent des accusations de trahison de la part du gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, mais Pierre Maillard affirme, pour sa défense, que la paix est le seul moyen de survie des Acadiens. Son influence prend fin en 1762, lorsque âgé de plus de cinquante ans, il s’éteint à Halifax.