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Paul Mascarène (vers 1684-1760)



Huguenot français dont la famille est contrainte à l’exil, Paul Mascarène entre dans l’armée anglaise en 1706. Nommé à titre de lieutenant, il accompagne Samuel Vetch et Francis Nicholson en Amérique du Nord, dans le cadre de leur projet de conquête de la Nouvelle-France. Ce projet n’a pas de suite, mais Mascarène participe néanmoins à l’assaut mené par Vetch contre Port-Royal en 1710.

Par la suite, Mascarène connaît une double carrière, celle d’ingénieur et de militaire. Durant les premières années du règne anglais en Nouvelle-Écosse, Mascarène, qui connaît les rudiments de la langue française, est chargé de la traduction d’un grand nombre de documents écrits par Vetch. Il est aussi responsable de la compagnie d’infanterie anglaise installée à Plaisance, Terre-Neuve. Nommé à titre d’ingénieur par la « Board of Ordnance » de Grande-Bretagne, dans les années 1720, il doit rendre compte de ses agissements tant à celle-ci qu’à ses supérieurs militaires, c’est-à-dire le gouverneur Samuel Vetch et son successeur, William Philipps. Ses habiletés d’ingénieur servent à la petite garnison du fort d’Annapolis Royal, qui résiste pendant plusieurs années aux attaques des Autochtones et des Français, parfois supérieurs en nombre.

En 1744, lorsqu’il est nommé lieutenant-gouverneur d’Annapolis Royal, la menace d’une guerre contre la France est imminente et il doit voir à la protection de la colonie anglaise. Puisque la défense de la Nouvelle-Écosse est difficilement réalisable par la force – les établissements militaires étant presque en ruine –, il se tourne vers les Acadiens pour tâcher de gagner leur allégeance, du moins leur neutralité. Pour cela, il leur fait un certain nombre de menaces subtiles, tout en cultivant une certaine amitié avec les prêtres et missionnaires, véritables figures d’autorité en Acadie.

Malgré cette stratégie, la garnison anglaise fait face, dans le milieu des années 1740, à plusieurs attaques conjointes des Amérindiens et des Français, dirigées entre autres par l’abbé Le Loutre et Du Pont Duvivier. Grâce aux renforts de son allié William Shirley, gouverneur du Massachusetts, il repousse ces assauts avec succès. En 1751, il se retire à Boston, qu’il a toujours considéré comme sa demeure adoptive et où il termine sa vie.