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Marcel-François Richard (1847-1915)

Débutant ses études en 1861, au St. Dunstan’s College de Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard, Marcel-François Richard obtient son diplôme d’études classiques en 1867. Il étudie ensuite la théologie au grand séminaire de Montréal. Ordonné prêtre en juillet 1870, il est nommé vicaire de sa paroisse natale de Saint-Louis-de-Kent le mois suivant.

Particulièrement soucieux de la formation des jeunes Acadiens et Acadiennes, Richard invite les Dames de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal à s’installer dans sa paroisse en 1874, afin d’y établir un couvent pour « former des religieuses, des institutrices, et des femmes chrétiennes ». Il établit la même année une école bilingue pour garçons, l’Académie de Saint-Louis, où est offert un cours préparatoire et un cours commercial. Trois ans plus tard, l’école devient le Collège Saint-Louis, offrant un cours classique. Le Collège Saint-Louis doit cependant fermer ses portes en 1882, puisque le caractère de plus en plus francophone de l’institution déplaît à l’évêque Mgr Rogers, qui lui retire son soutien financier.

Affecté à Rogersville en 1885, il est considéré comme le fondateur de cette paroisse ainsi que de celle d’Acadieville. Participant à plusieurs projets de construction d’églises et d’écoles, il est aussi très actif dans la Société de colonisation de Saint-Louis-de-Kent et de Rogersville, créée lors de la première Convention nationale des Acadiens à Memramcook en 1881. Cette association joue un rôle important dans la définition de l’idéologie nationale acadienne à la fin du 19e siècle. Il propose avec succès l’Ave Maris Stella comme hymne national acadien, le 15 août comme fête nationale et fait aussi la promotion des journaux acadiens, de la colonisation agricole, de l’éducation et de la mise sur pied d’un diocèse acadien. Connu comme l’un des plus grands nationalistes acadiens du 19e siècle, il est inhumé à Rogersville sous le monument de l’Assomption qu’il a lui-même fait édifier.