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Émilie C. LeBlanc dite « Marichette » (1863-1935)

Émilie LeBlanc naît à Memramcook (NB) en 1863 et c’est dans son village natal qu’elle entreprend ses études, au couvent Notre-Dame-du-Sacré-Coeur. Poursuivant à l’École normale de Fredericton, Émilie LeBlanc entreprend une carrière d’institutrice à Weymouth (NÉ).

Née à une époque où l’opinion publique accorde peu de considérations à la parole des femmes, Émilie LeBlanc est une des rares Acadiennes à avoir eu l’audace d’exprimer ouvertement ses idées. Dissimulant son identité sous le pseudonyme « Marichette », elle publie 13 lettres dans l’hebdomadaire l’Évangéline entre 1895 et 1898, exprimant sa fierté acadienne et revendiquant plus de droits pour les femmes. Par sa plume, elle s’attribue l’identité d’une vieille femme, mère de nombreux enfants, pauvre et peu instruite. Dans les faits toutefois, elle est une jeune célibataire sur le marché du travail.

Ainsi, dans un langage populaire, Marichette dénonce plusieurs injustices sociales et traite de sujets controversés tels que les moeurs électorales et la langue, en plus de réclamer le droit de vote pour les femmes, vantant leur supériorité. Ses lettres illustrent les problèmes acadiens, envisagés sous un point de vue féminin et rend compte des nombreuses difficultés auxquelles font face les femmes de l’époque. Les critiques de l’establishment, émises par une femme de surcroît, ne sont pas bien vues de tous et suite à de nombreuses pressions sociales, Marichette cesse d’écrire en 1898.