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AMPOULER
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ANDAIN

ce qu'il touche. Le lappa major des botanistes; burdock en anglais. Les Canadiens l'appellent grapian; je l'ai aussi entendu nommer toc.

   AMPOULER. Former des ampoules; ampoulé, couvert d'ampoules.

   AMULERONNER. Mettre en mulerons (voir ce mot), en mulons, en meules: amuleronner du foin. On trouve ameulonner, amuller, emmuler dans l'ancienne langue. Littré donne ameulonner. «S'envant au pillage de l'or que la Greco amoulouno». (MISTRAL, Les Olivades).

   AMUNITION. Munition. C'est un mot de la vieille langue. Il est possible que nous le tenions des Anglais, mais ceux-ci l'ont pris en France: «A Stenay et à Moignan, / Où il faisoit l'amonition». (DU BELLAY). On trouve pain d'ammonution dans de vieux auteurs.
   On l'entend encore aujourd'hui en Anjou et dans quelques autres endroits de France.
   Amonitio se disait en bas latin pour vivres.

   ANALOGIE. L'analogie est un rapport de ressemblance, souvent fortuite, qu'il y a entre certains mots. Les mots les plus usités, les plus forts, les mieux connus, entraînent souvent les plus faibles et leur prêtent leur physionomie. Beaucoup de vocables dans la langue française sont de formation analogique. Par exemple: dernier adieu, pour denier à Dieu; courte-pointe, pour coulte-pointe; contre-danse, pour country dance; sans guenille (chez le peuple), pour souquenille; mouches catholiques, pour mouches cantharides; les sitôt morts, pour les sycomores; huile d'hérisson, pour huile de ricin; Je m'en fiche comme de l'an quarante, pour l'alcaran.
   Nous en avons qui nous sont propres: Pabeau pour pavot; Beautour (nom propre) pour Vautour; menace
pour mélasse; orgueilleux pour orgelet; écharpe pour écharde; éclat pour glas. J'ai entendu dire troucipice pour précipice et l'accueil de la porte pour le seuil de la porte.
   À tout prendre, l'accueil d'une porte vaut bien «la diazone d'un perron», où Chateaubriand (Mémoires d'outre-tombe) nous apprend, solennellement, qu'il s'est assis en Palestine.
   Pour la bizarrerie des mots analogiques, les Canadiens, plus imaginatifs, détiennent le record. La Monongahela, où De Beaujeu battit les Anglo-Américains, devient la Malengueulée; la Barre-à-Choir de Gaspé est connue sous le nom de Barachoi; Saint-Morrisette, c'est Summerset; Sainte-Folle, Standford; Sainte-Irlande, Sutherland; Saint-Abroussepoil, Sandy-Brook's-Point. Les calendes grecques sont devenues les quarante Grecs; un homéopathe est un homme à pattes et l'Anse-au-gris-fond s'appelle l'Anse-au-Griffon. Le lime juice est une lime juive, en bas de Québec, et l'on y trouve des gens tellement maigres qu'ils n'ont plus que la peau et l'oiseau (la peau et les os). Un habitant des environs de l'Islet racontait à sa femme et à ses enfants qu'il avait visité les fornications de la citadelle de Québec.
   Jules César a écrit tout un ouvrage sur l'analogie qu'il adressa à Cicéron, ouvrage perdu sauf quelques fragments.

   ANCANTER ou ENCANTER. Mettre sur le cant. Cette expression est plutôt canadienne. Nous disons, dans le même sens, canter: canter un madrier; cette chaise est cantée.

   ANCIEN. Dans l'ancien temps est une expression courante pour autrefois.

   ANCRE. Est masculin, comme en vieux français. Au figuré: Il est à l'ancre, il est sans emploi.

   ANDAIN. Largeur de foin ou de




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.