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AUSSITÔT... COMME
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AUTRE

et plusieurs autres excellents écrivains du XVIe siècle, nous disons: «Je le sais aussi bien comme vous», au lieu de que vous.

   AUSSITÔT... COMME. C'est aussitôt que qu'il faut dire. Et pourtant l'on trouve la première manière dans maints écrivains antiques, entre autres dans Froissart qui écrit: «Sitôt comme le roi Édouard fut désarmé...».
   Nous disons comme Froissart.

   AUTANT... COMME. On a beaucoup discuté, au temps de Vaugelas, si l'on dirait autant que ou autant comme. Autant que a prévalu chez les Quarante de l'Académie. Autant comme est resté chez le peuple de France, où il était plus en faveur que son heureux concurrent. Nous disons autant comme. Bien d'autres l'ont dit avant nous, et des plus autorisés: «Non (nom) Israel, qui vaut autant (qui veut dire autant) comme cil qui voit Dieu». (JOINVILLE); «À tes hautes entreprises être autant favorable comme envers toy il a esté libéral». (BELLAU); «Autant malins comme ils étaient bons», (BOSSUET, Démons); «Qu'il fasse autant pour moi, comme je fais pour lui», (CORNEILLE, Polyeucte, acte III, scène III); «Vous en prendrez autant comme vous en verrez», (CORNEILLE, [La] Suite du Menteur); «Mais je prononce autant comme ta loy prononce». ([D']AUBIGNÉ, [Les Tragiques], «Jugement»).
   «Dans l'ancienne langue, avec les mots marquant une égalité (autant, tant) c'était comme (ou com) et non que qui unissait les deux termes de comparaison». (CLÉDAT).
   Nous employons fréquemment la locution autant (sous entendu vaut) devant un verbe: Autant qu'il vienne; S'il te l'offre, autant le prendre. George Sand ne s'en fait pas faute: «Et autant dire que tu hérites de 2,000 pistoles». (La Petite Fadette).
   Autant comme autant: maintes fois. Je l'ai averti autant comme autant; il n'a pas voulu m'écouter.
   Autant dire: autant dire que j'ai menti; c'est comme si tu disais que j'ai menti.

   AUTEL. Subst. fém. On trouve le mot au féminin dans l'ancienne langue.

   AUTEUR. Se dit souvent pour cause: «Je voudrais bien savoir qui est l'auteur qu'il n'est pas venu»; «Ça n'a pas réussi, mais je n'en suis pas l'auteur»; «Les vers sont l'auteur que je n'ai pas cueilli de choux, cette année». Godefroy nous apprend que auteur se dit de «celui qui est la cause de quelque chose». La jurisprudence donne au mot un sens qui se rapproche de celui que nous lui donnons.

   AUTOUR DE. Nous disons: «Il est autour de dix heures» pour environ de, à peu près dix heures; «Ce cheval vaut autour de cent piastres».
   Cet autour de est correct; en tout cas, on le trouve sous la plume des meilleurs écrivains de France: «Le baron de Bressé avait du roi autour de 20,000 livres de rente». (SAINT-SIMON).

   AUTRE. Autrement. Autre est quelquefois employé adverbialement, ici, comme il l'était, en France, avant que le suffixe -ment, du latin mente eut fait son apparition. Nous disons: «Je ne puis pas faire autre». On l'a dit bien avant nous dans la vieille langue: «Ne peut altre estre», il ne peut être autrement. [Vie de] saint Alexis: «Il seroit assez desnaturé de s'oublier tant que de tenir autre qu'il doibt». (BRANTÔME, [Vies des dames illustres], «Marguerite»); «Il ne pouvoit estre autre, car il estoit haut à la main». (Idem).
   L'emploi de l'adjectif comme adverbe dura jusqu'à la fin du XVIe siècle, nous dit Darmesteter. Disons plutôt qu'il dure encore: Aller vite; parler haut, gronder fort en sont des exemples contemporains.
   Cette manière est plus marquée dans




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.