page



BASQUE
- 61 -
BATTE

   On dit: bâsir de fan pour mourir de faim, dans le département de l'Isère: «Ceux qui furent sains montèrent sur les murailles et là firent sonner les trompettes et tabourins en tyrant artillarge au travers de la ville, comme si tout deust basir (crouler)». (Chronique rapportée par Godefroy). Bâsir se dit encore pour mourir dans les Deux-Sèvres.
   D'où vient ce mot? Aux savants de nous le dire. Moi, je propose (jusqu'ici je n'ai guère abusé du droit de me tromper tout comme un autre) le verbe latin vadere. J'ai, pour m'appuyer, le roman, où vazer, évasir, évazir se disent pour s'en aller, s'évader, disparaître. Avec vadere, nous avons fait je vas, tu vas, du verbe aller, le b et le v se permutant.

   BASQUE. Il est entré quelques mots basques dans le parler acadien: marache par exemple pour requin.
   Parmi les noms propres, on compte les Turbide (d'Ithurbide), les Chavari (Etchavarie) les Bastarache, etc.
   Penouil, l'ancien nom du bassin de Gaspé, est de dérivation basque.
   L'idiome des Basques, confiné aujourd'hui, en France, dans les arrondissements de Bayonne et de Mauléon, n'a exercé aucune influence sur la langue française. Il n'a guère de littérature d'ailleurs, quoique Guélbeau, poète presque contemporain, ait été traduit en français.

   BASTON. Boston, grande ville de la Nouvelle-Angleterre (États-Unis). Le mot est dans N. Denys. On ne connaît pas l'origine de ce nom. En vieux français, le mot baston désignait plusieurs sortes d'armes, et, en vieil anglais, il signifiait geôlier. On trouve basto dans Du Cange.

   BASTONNAIS. Les Acadiens ont toujours désigné le chef-lieu du Massachusetts par le nom de Baston, et ses habitants par celui de Bastonnais. Bastonnais était synonyme d'Anglais: «Tout Anglais était Bastonnais pour nos ancêtres». (BARBEAU, Anecdo-
tes [populaire du Canada, Journal of American Folklore, vol. 33, no 129, 1920]).

   BASVOLER. Voler bas. Entendu dans la Gaspésie: Les nuages basvolent; Les hirondelles basvolent ce soir.
   Le mot basvoler a autant de droit d'entrer dans la langue que survoler qu'on vient de créer; il est ni moins direct, ni moins joli.

   BATAILLE. Se dit aussi pour rixe.

   BÂTISSE. Le sens de bâtisse s'est étendu, et le mot est devenu synonyme de bâtiment, d'édifice quelconque.

   BATISTÈRE. Enregistrement de baptême, aussi extrait de cet enregistrement. Je trouve le mot dans Orson de Beauvais (XIIIe siècle) écrit batestère (v. 334).

   BATTABLE. La locution: Ce n'est pas battable se dit pour ce ne peut pas être surpassé.
   Dans l'ancienne langue, battable se disait pour qui peut être battu: «Si la ville moult foible et batable». (Geste du chevalier Bayard).

   BATTAGE. Le mot est à l'Académie.
   Le battage du sarrasin se faisait souvent en Acadie au pied de cheval, c.-à-d., avec un ou plusieurs chevaux trapignant dessus l'airée.
   On battait encore tout récemment le blé dans certaines parties de la France, vers le sud surtout, au pied de cheval. Même certains chevaux, dressés à cet usage, allaient de grange en grange, tout comme des batteuses mécaniques aujourd'hui.

   BATTANT. Se dit surtout de l'extrémité d'une table, qui s'élève et s'abaisse. Nous disons aussi, comme à l'Académie, le battant d'une cloche.

   BATTE. J'ai entendu dire la batte d'un fléau.




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.