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BERCEMENT
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BÊTISER

   BERCEMENT. Action de bercer. Le bercement des feuilles sous le vent.

   BERDI — BERDA. Bredi-breda. S'entend plutôt pour tohu-bohu, désordre, brouhaha. Sorte d'onomatopée.

   BERDOUILLER. Métathèse de bredouiller.

   BERGITTEBREGITTE. Nom propre: [Brigitte].

   BERLAND. Brelan. Le jeu du berlanc selon Villon. On trouve aussi berlenc dans la vieille langue.

   BERLANDER. Hésiter à prendre un parti, à en arriver à une conclusion. Aussi lambiner, perdre son temps, flâner. Formé sur le substantif berlan, qui s'est dit pour maison de jeu, de bal, d'amusement: berlander son ouvrage.

   BERLANDEUX. Qui hésite à prendre un parti, qui atermoie toujours, qui est indécis.

   BERLICOCO. Bigorneau, sorte de colimaçon. Frère Marie-Victorin le définit: «coquillage spiralé». Le gros berlicoco sert quelquefois de borgo (voir ce mot) en Acadie.
   Certains conifères produisent aussi des berlicocos à l'extrémité de leurs branches sous forme de petites boules écaillées.
   Le Héricher nous dit qu'en Normandie le berlicoco est une petite glane en forme de tête de coq. Le mot est dans Ménage.
   Ce mot, paraît-il, a une généalogie fort reculée. Il serait apparenté à l'arabe al bircouque, qui a donné à l'italien bericoco et albericoca, et au français abricot, fruit de l'abricotier. À moins que l'arabe ne l'ait pris du grec ou, ce qui paraîtrait plus vraisemblable encore, que le grec aussi bien que l'arabe, ne le doivent à quelque primitif aujourd'hui perdu, sorti de l'Hindoustan. Tout est licite dans la recherche de la paternité des mots, même l'absurde.
   BERLINGOT. (?)

   BERLOQUE. Métathèse de breloque.
   Presque toutes nos métathèses se retrouvent dans l'ancienne langue.

   BEROUETTE. Brouette. Le radical bis rota donne plus régulièrement berouette que brouette: «Berroette. A wheel-barrow». (COTGRAVE).
   Ce mot, à l'origine, désignait une chaise à porteur à deux roues. C'est à Blaise Pascal que nous devons la brouette à une seule roue.

   BEROUETTÉE. Brouettée; contenu d'une brouette [voir berouette].

   BERTELLE. Bretelle [voir beurtelle].

   BESSON. Le mot jumeau n'est pas connu des Acadiens; c'est besson que nous disons toujours. Besson est à l'Académie, mais est devenu désuet; on peut même dire qu'il est sorti de l'usage: «Le bon Janot, mon père, voulait gager à Jacques, son compère, contre un veau gras, deux agnelets bessons». (MAROT, Épître «Au Roy, pour le délivrer de prison» Églogue à François I).
   Besson est déjà considéré comme vieux par Furetière et par [le] Trévoux: «Elle fut bessone et d'une même ventrée, avec une autre, qui mourut aussitôt née». (BRANTÔME, [Vies des] dames illustres).

   BÊTE. Se dit de tout animal carnassier: Les bêtes ont mangé mes poules. Une petite bête, c'est un insecte: Tu as une bête sur ton habit; il est tombé une bête dans ma soupe. La vilaine bête, c'est le diable, gripette chez les Canadiens; les bêtes à cornes, c'est le bétail.
   La Fontaine, dans Le Berger et la Mer, [Fables], appelle les brebis des «bêtes à laine».

   BÊTISER. Tenir des propos grivois, malséants.




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.