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BOTTE
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BOUFFÉE

Fragment d'une vie de saint Thomas de Cantorbéry: «C'est escurcez et c'est a bat (bateau)».

   BOTTE. Des bottes anglaises en Acadie sont des bottes à grandes hausses.
   «On désigne sous le nom de bottes malouines à Québec les bottes dites à l'écuyère, et à Montréal, les bottes sauvages ou souliers sans semelle, c.-à-d., les gaillards ou souliers de boeufs». (CLAPIN).

   BOTTER. Se dit de la neige ou de la boue qui s'attache aux pieds d'un cheval: La neige botte; mon cheval est botté.
   L'expression est très répandue dans le centre de la France. En Anjou, le terme s'applique surtout à la glaise qui adhère au versoir d'une charrue. Dans quelques endroits de France, l'on dit botter, et dans d'autres, patter: «Ses sabots étaient embottés de neige». (Jacquou le croquant).

   BOUCANE. Fumée. L'Académie a recueilli boucaner, mais a rejeté boucane sur quoi boucaner a été formé: La cheminée boucane; faire de la boucane pour chasser les maringouins.

   BOUCANER. La cheminée boucane, pour fume.
   L'Académie donne le mot, mais non pas avec ce sens-là.

   BOUCANERIE. Endroit où l'on fait boucaner, où l'on fume le hareng.

   BOUCHER. Dans: Je l'ai bouché comme il faut, boucher a le sens de fermer le bec, réduire à quia.

   BOUCHERIE. Les Acadiens et aussi les Canadiens disent: faire boucherie, pour tuer un animal de boucherie: goret, boeuf ou brebis. Les Suisses ont le verbe bouchoyer.

   BOUCHURE. Boucheture en vieux français. Richelet décrit
boucheture: «Tout ce qui sert à fermer et à boucher un pré, une terre labourable et autres héritages pour empêcher que les bêtes n'y entrent». C'est l'exacte définition de notre bouchure.
   Le mot, d'après Littré, signifie haie vive en France. Il a encore ce sens en Berri et George Sand dans La Petite Fadette ne l'entend pas autrement. Bouchure est, de toute évidence, apparentée à boucher; mais quel en est le radical? L'ancien français avait bousche, faisceau de feuillage. Peut-être faudrait-il le chercher dans cette direction-là.

   BOUCI-BOULA. Bout-ci, bout-là. Pêle-mêle, en désordre, en vrac. Les Angevins disent: bouri-boura; c'est peut-être le même mot. Bouci-boula rappelle coussi-coussa de la vieille langue, d'où nous avons tiré couci-couci. L'italien a cosi-cosi.

   BOUCLER. Au figuré, conclure, terminer prestement: J'ai bouclé l'affaire; c'est un marché bouclé.

   BOUDRIER. Algue marine; sorte de goémon ou de varech avec lequel on fait un excellent engrais.

   BOUÉE. Être en avant de sa bouée, c'est faire des affaires florissantes; bien réussir dans une entreprise.
   Larousse le donne dans le même sens: «être au vent de sa bouée».

   BOUETTE aussi ABOUETTE (de l'abouette). Appât, amorce que l'on met aux hameçons.
   Se dit pour mangeaille de porc au Canada, et aussi en Normandie.
   Dans la vieille langue, l'abouette était la partie du cerf à dépecer. C'était un terme de vénérie.

   BOUFFÉE. Reçoit, ici, quelques acceptions qu'on ne trouve pas au Dictionnaire. Tirer une bouffée, tirer une touche chez les Canadiens, c'est allumer sa pipe et fumer.




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.