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BOUROLLE
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BOYARD

rayée. Se dit aussi lanquin. Je n'ai entendu le mot qu'aux Îles-Madeleine.

   BOUROLLE. Trappe à anguille au Madawaska, région limitrophe entre le Nouveau-Brunswick et la province de Québec.

   BOURRADE. Se dit, à la Baie-des-Chaleurs pour bourrée.

   BOURRÉE. Déchets, balayures, copeaux (nous disons écopeaux), brindilles: bourrée de porte; Allumer le feu avec de la bourrée; renchausser les pommiers avec de la bourrée de porte. Le mot est à l'Académie, mais avec le sens de «fagot de menues branches».

   BOURRIER. Poussière, menu objet: J'ai un bourrier dans l'oeil; «Et cependant tu vas dardant / Dessus moy ton courroux ardent / Qui ne suis qu'un bourrier qui vole». (RÉGNIER, [Poésies] spirituelles).

   BOURRIQUE. Expression vulgaire pour nombril.

   BOURRURE. Bourrage, matière dont on se sert pour bourrer: La bourrure d'une selle, d'un siège, etc.

   BOUSAT. Petit tas de bouse: «Grelottant devant un feu de bousat de vache». (Un Voyageur de France, au commencement du XVIIe siècle). Bousard, même sens ou à peu près, est un terme de vénérie en France.

   BOUSCOUILLON. Sorte de bonnet chez les Canadiens.

   BOUSCUEILS. Gros amas de glaces, à la Baie-des-Chaleurs. Bousculis s'y dit pour un petit amas de glace.

   BOUSCULIS. Petit amas de glace sur les côtes. Formé sur bousculer.

   BOUSÉE. Bouse, rond de bouse.

   BOUSER. Fienter. Formé sur le substantif bouse.
   BOUSINER. Bousiner de l'étoffe, c'est (?)

   BOUT. Le t est sonore: boute. C'est comme but, autre forme de bout que beaucoup de Français de France prononcent bute: être à bout, c'est être rendu de fatigue, n'en pouvoir plus guère, n'en pouvoir plus; Il y a un grand bout d'ici là: il y a une grande distance. Le mot but explique le sens de distance donné, ici, à bout.
   Nous avons plusieurs locutions, plus même qu'à l'Académie, où entre le mot bout: À tout bout de champ: à chaque instant; Un bout de temps: un certain espace de temps; Prendre une chose du bon bout: en bonne part; Le gros bout: le derrière; Bout-ci bout-là: pêle-mêle; Se lever le gros bout le premier: être de mauvaise humeur; Le bout de chiffres: un nombre incalculable; De bout en bout: d'un bout à l'autre, du commencement à la fin; À bout de bras: manière de se colleter; C'est le bout: c'est la fin des fins; Il y a un bout!: Il y a une fin, une limite.
   La plupart, sinon la totalité de ces locutions, se retrouvent dans la vieille langue, et on les entend aujourd'hui dans le parler dialectal de France.

   BOUT-À-BOUTER. Mettre bout-à-bout.

   BOYARD. Civière à bras; brancard, jimbarge ou guimbarge, le gui se mouillant: «Boyers, que nous appelons en France des civières à bras». (DENYS, vol. II, p. 108). Et ailleurs, (vol. II, p. 64): «Le Capitaine porte le boyard comme le moindre matelot».
   En Anjou, un boyard est «un tonneau ouvert par un bout et muni de deux anses». (VERRIER [et ONILLON], Glossaire [des patois et des parlers de l'Anjou]).
   Les pêcheurs de Terre-Neuve se servent d'un boyard pour porter la morue.
   Cet appareil s'appelait en France autrefois houette. Il consistait en une cuve ou caisse rectangulaire disposée sur quatre pieds. Cet instrument à qua-




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.