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CATINER
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CEINTURER

   Catin était un terme de caresse en vieux français.
   Pour tout le centre de la France, une catin, c'est encore aujourd'hui une poupée.

   CATINER. S'occuper à habiller des catins, c.-à-d., des poupées; pour un homme, c'est faire de l'ouvrage réservé aux femmes tel que broder, etc.

   CAUSE (À). Pourquoi. Cette locution adverbiale a été apportée de France, où les paysans l'emploient encore: Je n'en veux pas. — À cause? Nous disons aussi à cause que pour parce que: «À cause qu'ils avaient été baillés..». (SAGARD, 334); «À cause que nos sens nous trompent quelquefois». (DESCARTES).

   CAVALIER. Prétendant, celui qui courtise une jeune fille: Elle a plusieurs cavaliers.

   CAVEAU. Se dit principalement d'une cave construite en dehors de la maison, mais attenante.
   [Le] Trévoux nous apprend qu'un caveau, de son temps, était une petite cave où l'on enterrait les morts, dans l'église. Ce sens se retrouve en Acadie.

   CE. Nous employons quelques fois le ce explétif comme dans ce passage d'une lettre de Mme de Sévigné: «Je lui dis que sa femme c'était la plus difficile... la plus colère du monde».

   CÈDRIÈRE. Forêt de cèdres.

   CEINTURE FLÉCHÉE. Ceinture en laine de couleurs variées, nouée autour des reins, par dessus les vêtements d'hiver et dont les deux bouts, ornés de franges, retombent sur le côté. D'où vient cette ceinture et le mot fléché qui la désigne?
   La ceinture nous vient, je crois, des Algonquins; et le mot fléché, des dessins en pointes allongées, simulant plus ou moins des flèches qu'elle représente.
   Cette ceinture était autrefois portée et par les Acadiens et par les Canadiens et par les Sauvages. Pour ceux-ci, c'était un objet de luxe presque autant que d'utilité. Il ne paraît pas que les colonisateurs de l'Acadie ni ceux du Canada l'aient apportée de France, ni non plus, l'appareil qui sert à la confectionner.
   Cet appareil (le même apparemment au Canada qu'en Acadie) consiste en un triangle fermé dont les deux côtés, faits de bois rond, peuvent avoir de quatre à cinq pieds de long et la base, deux pieds environ de large. Au milieu, allant de la pointe à la base et partageant le triangle en deux sections égales, court un cylindre également de bois rond. La tisseuse, assise ou debout à la base de l'appareil, fait courir la laine — pour les Sauvages, le poil d'orignal ou de chevreuil — le long des côtés latéraux et de la flèche centrale de façon à produire des dessins variés, de forme très allongée.
   M. Massicote ([Mémoires de la] Société royale du Canada, 1924) nous apprend que la ceinture fléchée faisait partie «du costume des écoliers du Séminaire de Québec, au XVIIe siècle». Il ne s'en confectionne plus guère aujourd'hui au Canada, et l'usage en est tout à fait perdu en Acadie.
   Il y avait autrefois au Canada, peut-être y en a-t-il encore aujourd'hui, les ceintures de porc-épic, de porcelaine par grains, de soie mêlée d'or et d'argent et la ceinture de laine tricotée. Celle-ci a survécu. Les canotiers canadiens l'ont mise dans leurs chansons: «Elle est a quinze brins / Ma ceinture de laine, / Elle est à quinze brins, / Ma ceinture de lin».
   Il ne faut pas confondre la ceinture fléchée avec la ceinture de laine tricotée ou brochée, comme disent les Acadiens.

   CEINTURER. Ceindre, mettre une ceinture. «Ceinturoient comme une ceinture». (BRANTÔME, Les Dames galantes). On trouve ceinturer dans d'autres auteurs, par exemple dans N. Rapin, cité par La Curne [de Sainte-




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.