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COCHE
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COCQUE

lité par Nicolas Denys, représentant du roi de France, à cause de l'abondance d'oiseaux comestibles et d'huîtres, de palourdes et de coques qu'il trouva dans ce port, ce qui lui permit avec son équipage d'y faire bombance.

   COCHE. Payer une coche s'entend aux ÎIes-Madeleine pour payer un fier montant, une forte somme.
   Faire une coche sur un érable, c'est y faire une entaille pour en tirer de l'eau dont on fait du sucre.
   Faire une coche, c'est faire une coche mal taillée [c'est commettre une action répréhensible].
   Certains étymologistes prétendent que coche a la même origine que souche, dont l'origine n'est pas connue.

   COCHER. Faire une entaille, une coche. Cocher un érable, c'est pratiquer des entailles au printemps sur le tronc de l'arbre. L'eau qui, circulant avec la sève, s'en échappe, est recueillie dans des casseaux (voir ce mot). C'est avec cette eau sucrée que se fait le sucre d'érable canadien et acadien.
   S'emploie absolument pour «séparer les fibres textiles des fragments ligneux» qui adhèrent au chanvre, après le broyage: cocher de la filasse. On coche le lin avec un couteau de bois, dans le sens de la longueur pour détacher les aigrettes du chanvre.

   COCHERIE. Lieu où l'on coche et où l'on braye (broie) le chanvre.

   COCHON. Les Canadiens disent: soigner le cochon, pour tirer de la liqueur d'un fût.

   COCHOUER. (Cochoir). Instrument avec lequel on coche le chanvre.

   COCHURE. Grosse filasse; ce qui reste après que le chanvre a été coché.

   COCO. Mot enfantin pour oeuf. Chez nos grands aïeux, les marchands d'oeufs étaient appelés coconniers.
   Se dit aussi familièrement pour tête,
caboche: Il a le coco fêlé. Un étui de chapelet s'appelle coco en Anjou. Je crois avoir entendu cette même expression ici.

   COCOMBRE. Concombre. «Concombre est né de cocombre, par la répétition de la syllabe tonique». (ROSSET, p. 178). Ce qui veut dire que cocombre (du l[atin] cucumerem) est le mot propre.
   Presque tout le peuple de France dit, encore aujourd'hui, comme nous: cocombre.
   «Cocombres sont froides et moistes au second degré». (ALEBRANT, XIIIe siècle, rapporté par Littré).

   COCOQUE. Diminutif de coco. Mot enfantin pour petit coco, petit oeuf. Kikac, le long de la Moselle.

   COCORICO. Onomatopée. Cri du coq.

   COCOTE. Terme enfantin désignant une poule.

   COCOTIER. Coquetier. Nous mettons dans un cocotier les oeufs que nous mangeons à la coque. C'est cocotier que l'on dit dans le centre de la France, et non coquetier. Le mot, apparemment, a été formé sur coco.

   COCQUE ou COQUE. Nom vulgaire de la bucarde; myarenaria ou mye des sables. Nous avons la cocque des sables riverains et la cocque de dune, celle-ci beaucoup plus grosse que la première. La cocque de rivage, le soft-shell clam des Anglais, est comestible; l'autre sert d'abouette (voir ce mot) aux pêcheurs de morue. Cocque, féminin en Nouvelle-Écosse, est masculin au Nouveau-Brunswick. Je soupçonne, ici, une influence analogique: le coq de nos basses-cours aura donné son genre masculin au mollusque bivalve.
   Une paroisse de la Baie-Sainte-Marie porte le nom de Grosses-Coques, et il y a l'Anse-aux-Coques, près de




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.