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CORDON
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COTIR

   CORDON. Mesure de bois de chauffage, équivalent à un quart de corde. C'est un diminutif.

   CORDOUNIER. Cordonnier. Le mot vient de l'ancien français cordouan, cuir et cordouan avait été formé sur Cordoue, ville d'Espagne où le meilleur cuir était fabriqué.
   «Ung cordouanier se faisait riche par resverie». (Gargantua).

   CORNAILLER. Lutter, en jouant, avec les cornes, en parlant de boeufs ou de vaches.

   CORNEILLE. Corneille et non corbeau est le nom générique de l'espèce.

   CORNER. Donner des coups de corne: Ce boeuf-là corne; Prenez garde qu'il vous corne. Nous disons aussi, dans le même sens, encorner. Se corner, pour boeufs et vaches, c'est se battre à coups de cornes.

   CORNUCHE. Corniche. On a beaucoup disserté sur l'origine du mot corniche, qui reste inconnue. Peut-être que cornuche aidera dans cette recherche de paternité.

   COROUNEL. Colonel. L'anglais a colonel qu'il prononce cornal. Colonel, c'est coronel, les liquides l et r se transmutant souvent dans la vieille langue.
   Brantôme emploie fréquemment le mot courounel: «Encore que j'aye parlé de M. le maréchal d'Estrozze, au chapitre des couronnels, il faut que j'en parle encore». ([Vies des hommes illustres et des grands capitaines], «Le Maréchal Strozzy»).
   De la Herisaye (XVIe siècle), dans les Contes d'Eutrapel, nous apprend que coronel n'était plus à la mode à la cour, mais qu'il fallait collonnel ou colunel. «Noun couroun Ceu, embrassa l'ci». (MISTRAL, Les Olivades)
   Ce mot nous vient d'Espagne.
   CORPORENCE. Corpulence. Autre confusion [du] l avec [le] r. Ce bon vieux mot français est toujours en usage en Suisse et, je crois, au centre de la France, côté est.
   «On dict, veu sa corporance, / Que c'eust esté un maistre boeuf». (MAROT); «Sa figure me revient et sa corporence aussi». (SAND, [Les] Maîtres sonneurs).
   Racine: corpus-corporis.

   CORPS-MORT. Se dit chez les forestiers d'un arbre gisant, abattu autrement qu'avec la hache.

   CORRECT. Nous avons conservé à ce mot son sens antique: «Si le coeur était faux et l'âme peu correcte». (SAINT-SIMON). On a dit et nous disons: une conduite correcte. Nous l'employons aussi adverbialement, comme Mme de Sévigné dans cette phrase: «Il faut parler correct».
   Les Anglais donnent également à ce mot son sens antique dans sa plénitude.

   CORVÉE. La corvée, qui consistait dans le travail obligatoire du vassal pour son seigneur et maître, se dit en Acadie du travail volontaire, fait en commun pour la construction de certains chemins, des aboiteaux, etc.

   COTAYER ou CÔTEYER. Cotoyer.
   On trouve costeer dans la Vie de saint Gilles, et costeyer dans d'autres auteurs anciens.

   COTI. Du bois coti, c'est du bois vermoulu, malandre, qui commence à se gâter: C'est du bois coti; cet arbre est coti. Le mot ne s'applique pas aux fruits, comme en France. Coti est le participe passé du verbe cotir. Ce mot pourrait bien avoir la même origine que cobir (voir ce mot).

   COTIR. L'Académie veut que le mot ne s'applique qu'aux fruits. Nous l'appliquons aussi aux objets métalliques et aux corps durs, comme dans




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.