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COTISABLE
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COUANNE

cette phrase citée par Godefroy: «Il férit le dit Lorrain et coti la teste au mur».

   COTISABLE. Qui peut être soumis à la cotisation.

   COTON. Se dit de la tige du blé d'Inde (maïs); aussi des épis, après que le blé en a été égrené. Ici, nous dirions plutôt écocluché: Écoclucher un coton de blé d'Inde.
   Nous disons aussi un coton de patate (pomme de terre): Cette plante est toute desséchée, il ne lui reste plus que le coton.
   Du coton jaune, c'est du coton écru.

   COTTE ET MANTELET. Jusqu'à ces dernières années, la femme acadienne s'habillait d'une cotte et d'un mantelet. La cotte était un vêtement de dessus, la jupe d'aujourd'hui plissée à la ceinture et cachée par le haut sous le mantelet. Ce mantelet ressemblait à la blouse des modistes anglaises, sauf les manches, qui n'étaient pas bouffantes.
   Cette cotte et ce mantelet remontent très haut dans l'histoire du costume des femmes de France: «Vestir une robe d'hyver et une cote l'été». (Assises de Jérusalem); «Madame se mit en cote simple de satin». (Les Cent Nouvelles [nouvelles]). Parlant d'un enfant qu'on prétendait avoir été guéri par elle, Jeanne d'Arc dit: «Il étoit noir comme ma cotte; mais quand il eut bâillé, la couleur commença à lui revenir». D'autre part, Perceval nous apprend que la Pucelle «avoir une robe de pourpre et la cotre (sic)... fourrée de martres sybellines». Cette cotre, ou plutôt cotte, faisait partie de l'armure de la sainte guerrière et n'avait rien de commun avec les cottes que nous venons de voir. C'était une cotte dont les hommes se revêtaient. Il nous en est resté cotte d'armes, sorte de casaque recouvrant la cuirasse dont les hérauts d'armes ont gardé la tradition. Il y avait aussi, il y a encore dans les romans, au moins la cotte de mailles, chemise faite de petites mailles de fer.
   Il est souvent fait mention de cotte, comme vêtement ou partie du vêtement des hommes dans les auteurs anciens. La cotte, chez les hommes, est pour le moins aussi ancienne que pour les femmes. «Le roy sailli de son lict, une cote sans plus vesture». (?) «Il se vêtirent de poures (pauvres, d'où l'anglais poor) cotes déchirées et de poures chapeaux». (FROISSART); «Nos trassimes (dépouillâmes) la viez (vieille) cotte (vêtement), mais nos tant l'avons plus malement revestie». (S. BERNARD); «Sur son harnois avoit une très riche jaouette, ainsi l'appelle l'histoire que nous appelons cotte d'armes, à courtes manches». (BRANTÔME, [Vies des hommes illustres et des grands capitaines], «Charles VIII»); «Quel drap et ceci voirement; / Tant plus le voye et plus massote: / Il m'en faut avoir une cotte». (Pathelin).
   Les conseillers de Charles VI «portent cotte verte». (CHARLES D'HÉRICAULT, Étude sur Coquillart).
   Ceci nous fait voir qu'au moyen âge les hommes aussi bien que les femmes portaient la cotte. Ce qui achève de le prouver, c'est le coat anglais, qui n'est rien autre que la cotte antique. Il y a aussi la redingote ou le riding-coat.
   «Femme sotte se connaît à la cotte», dit un proverbe français. Ménage, qui ne doute de rien, fait venir cotte de crocota, habillement de femme.

   COUAC. Nom donné à certain oiseau de la famille des hérons. Coac est une onomatopée; c'est le cri même de l'oiseau.

   COUANNE. Couenne. Couenne se prononçait couanne aux premiers temps de la langue, comme femme se prononce famme: «Lung une aultre nommoyt sa couane». (Pantagruel). Ainsi prononcé, il semble n'y avoir plus d'obstacle à faire venir le mot de cutanea, racine: cutem.
   Vieille couane est un terme injurieux adressé aux personnes.




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.