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COUCHABLE
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COULER

   COUCHABLE. Où l'on peut coucher: lit couchable.

   COUCHAGE. Literie; ensemble d'objets qui servent au coucher; «Toutes choses bonnes à faire une couche», comme [Le] Héricher définit le mot; emporter son couchage; avoir un bon couchage.

   COUCHE. Nous disons: une couche d'oignons, de fleurs, pour une planche, un carré, une plate-bande. Le mot est à l'Académie, mais avec un sens légèrement différent.

   COUCHÉE. On dit en bas de Québec: à la couchée du soleil; le soleil a une belle couchée. Les Acadiens disent au coucher du soleil, comme l'on dit à l'Académie. La couchée s'entend plutôt en France pour l'endroit où l'on couche: «J'entrai (à l'hôtellerie) sans un sou pour payer ma couchée». (ROUSSEAU, [Les] Confessions).

   COUCHER. Nous disons: Je l'ai envoyé coucher, pour se coucher. Dans les autres cas, c'est un verbe pronominal: Va te coucher.
   Coucher du poignet, c'est ce que les Canadiens appellent tirer au poignet.

   COUDE. Nous disons lever le coude pour boire copieusement: Il lève le coude, c'est un ivrogne. L'on dit plutôt, en France, hausser le coude.

   COUDRE. Se conjugue régulièrement à tous ses temps et modes: je couds; vous coudez; coudez-vous? J'ai coudu.
   Coudre, substantif, se dit en Acadie et aussi parmi le peuple de France pour coudrier.
   On trouve le mot dans Champlain, dans Nicolas Denys et aussi dans les anciens auteurs: «Car bois, coudre et fourchière fault». (DESCHAMPS, Lettres, vol. VIII, p. 72); «On disait coudre et coudrier au XVIe siècle». (HUGUET). C'est avec du coudre ou du coudrier qu'on fait la baguette divinatoire.
   COUÉTI. (Prononcé couéti). Toile servant d'enveloppe à une couette de lit ou à un matelas. On trouve quienti, coetiz, quétis, coitil, kuétie, couétitz et keute en vieux français.
   Couéti est formé régulièrement sur couette, originairement keute.

   COUETTE. Nous disons une couette de cheveux, pour une tresse de cheveux. Couette au Dictionnaire signifie lit de plume.

   COUILLES. Testicules.

   COUILLON. Terme de profond mépris, couard, poltron, qui a peur à ses couilles. Une région du comté de Gaspé, traversée par le chemin du Lac à Saint-Antonin, se nomme Les Couillons.

   COUILLONNER. Se montrer ignoblement lâche.

   COULANT. Le mot s'emploie dans le sens de glissant, comme dans l'ancienne langue d'ailleurs: «Cuer plus coulant que couleuvre en marage» (marais). (DESCHAMPS); «En un lieu glissant et coulant, suspendons nostre créance». (MONTAIGNE); «Les abords du moulin étaient bien gelés et si coulants qu'il ne fallait pas être maladroit pour courir sur les pierres». (SAND, François le Champi).

   COULÉE. «Cette immense crevasse ouverte dans les Laurentides forme une coulée profonde par où descendent et s'échappent naturellement les vents et les nuages qui se déchargent sur l'Île-aux-Coudres». (CASGRAIN, [Légendes canadiennes et variétés, «Une excursion à] l'île aux Coudres»).
   Le mot a le même sens en Acadie.

   COULER. Se dit pour glisser: La glace m'a fait couler le pied; «Elle ne pouvait se tenir dans sa chaise, et s'affaissait et coulait jusqu'à terre». (SÉVIGNÉ).




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.