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DÉSACCLIMATER
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DÉSENTERRER

ne désabrié». (Cité par Godefroy) (voir abrier).

   DÉSACCLIMATER. Perdre l'habi-tude du climat auquel on était habitué; le contraire de acclimater.

   DÉSACCROCHER. Décrocher. L'un et l'autre se dit indifféremment.

   DÉSAGRAFER. Dégrafer. Nous employons l'un et l'autre verbe.

   DÉSAIRER. Séparer, déshabituer: désairer un poulain d'avec sa mère; désairer un cheval de passer dans le champ du voisin.

   DÉSAMAIN. À la désamain. Mal-à-main, qui n'est pas à la portée de la main. On trouve désavenant, avec le même sens, dans [Le Livre des] 100 ballades.

   DÉSÂMER. Faire des efforts à s'arracher l'âme: Je me désâme à vous l'expliquer. L'expression est aussi en usage parmi les Canadiens: «Car d'abattre hommez et chevaulx, de desheaulmer et désarmer sez adversaires...» (La Fille du comte de Pontieu). Il peut se faire que désâmer soit une corruption de desheaulmer, arracher le heaulme.

   DÉSAPPAREILLER. Le contraire d'appareiller, de mettre ensemble deux objets pareils.

   DÉSARRIMER. Terme de marine. Déranger ce qui avait été arrimé [voir ce mot], mis en bon ordre.

   DÉSATTELER. Dételer; les deux se disent. Godefroy cite une phrase de l'ancien parler où entre le mot désatteler, et Cotgrave l'enregistre.

   DÉSAVENANT. Qui n'est pas avenant.

   DÉSAVISSER. Dévisser. Est formé sur avisse, signifiant vis.
   DÉSEMBOÎTER. Terme de menuiserie. Disjoindre des planches qui avaient été emboîtées.

   DÉSEMBOURBER. Nous nous désembourbons de la neige, où nous étions embourbés, grâce à une figure de rhétorique appelée catachrèse. La neige tient ici la place du bourbier.

   DÉSEMPÊTRER. Dépêtrer.

   DÉSEMPOISONNER. Donner, prendre un contre-poison.

   DÉSENCHAÎNER. Ôter les chaînes, déchaîner.

   DÉSENFARGER. Désentraver; enlever les enfarges [voir ce mot] à un cheval. Montaigne, parlant de Socrate, emploie le mot dans le même sens, tant au propre qu'au figuré: «À ce tressaillir de plaisir qu'il sent à gratter sa jambe, après que les fers en furent nors, occupe-t-il pas une pareille joye en son âme pour être désenfargé des incommoditez passées». (Essais); «Et Saint-Lienart qui defferge les prisonniers bien repentants». (Roman de la Rose). On trouve aussi dans l'ancienne langue, desfergier pour déchaîner: «Un poulain désenfargé». (SAND, Claudie). Cette expression est courante au centre de la France.

   DÉSENGOTER. Dégager le got; enlever ce qui l'obstruait. Nous disons aussi dégoter [voir ce mot]. Il y a une nuance dans l'emploi des deux mots. Désengoter se dit des personnes; on dégote un égout, une conduite d'eau.

   DÉSENNUI. Récréation, distraction, plaisir, cessation de l'ennui: C'est du mot désennui que le verbe désennuyer a été formé. Ce substantif manque à la langue officielle.

   DÉSENTERRER. Déterrer. Les deux se disent: désenterrer un mort.




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.