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EMBOISURE
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EMMANCHURE

   EMBOISURE. Cadre de charpente. Le mot s'est conservé dans le centre de la France. Radical: boisure.

   EMBORNER. Métathèse de embrener [sic]. Salir d'ordure. On s'emborne de boue. Se dit d'un petit enfant qui salit ses drapeaux (langes). Radical: bren, ordure.

   EMBOUFFETAGE. Action d'embouffeter [voir ce mot].

   EMBOUFFETER. Embouveter; encastrer dans une rainure; faire un assemblage de planches à rainure et à languette. Les rainures et les languettes se font avec un bouvet, d'où le verbe embouveter ou embouffeter, le f et le v se permutant.
   Le mot s'entend dans le centre de la France.

   EMBOURRER. Envelopper, capitonner. L'expression remonte très haut dans la langue: «Et bien embourrez / De ma petite humanité». (RABELAIS, Pantagruel); «Les Égyptiens se déchiroient les vêtements et embourraient le visage, voire toute la tête». (LESCARBOT). On disait aussi bandeler, dans le même sens, en vieux français. On trouve embourrement dans Oudin.
   S'embourrer, c'est se couvrir chaudement, se bien envelopper, dans une peau d'ours de carriole [voir ce mot], l'hiver, par exemple, quand on sort par une journée froide; s'embourrer bien chaudement dans ses couvertes (couvertures); s'embourrer le cou; la gorge.
   Au figuré, être embourré d'ouvrage, c'est en avoir devant soi plus qu'on n'en peut faire. En langage argotique, l'emboureux, c'est le bourreau.
   Le radical de ce mot est le bas latin burra, amas de laine ou de poils, qui nous a laissé bourre. Une autre forme du mot, ou plutôt une autre manière de l'épeler, bura avec un seul r, a donné bure.
   Embourrer, pour envelopper, em-
baller se dit au centre de la France comme en Acadie.

   EMBRICHETER. Expression vulgaire pour enfiler, embrocher, embrocheter.

   EMBROCHETER. Fréquentatif de embrocher, mettre en broche.

   EMBRUMER (S'). Le temps s'embrume, se couvre de brume: «Les eaux embrumés d'oraiges». (MAROT). L'Académie donne le participe passé embrumé, probablement à cause de Marot, mais non pas le verbe lui-même: embrumer.

   EMBRUNIR (S'). Devenir brun, sombre:    Le temps s'embrunit. C'est du vieux français. Ronsard emploie le terme fréquemment: «Quel voile obscur embrunit ce flambeau?» Il l'emploie même comme substantif: «A l'embrunir du jour». C'est un joli mot, dont la peinture s'est emparée: embrunir une toile.

   ÉMÈCHER. Couper la mèche d'une chandelle ou d'une lampe à pétrole; moucher une chandelle.

   EMMANCHER. (Prononcé amancher). Au propre, comme à l'Académie. Nous disons au figuré: Fais attention, ou je t'emmanche une tape dans la face; Me voilà bien emmanché! En belle posture!; «Que dites-vous de cette affaire? Comment vous paraît-elle emmanchées». (SÉVIGNÉ); «Ce sont belles armes; mais elles sont mal emmanchées». (MONTAIGNE).

   EMMANCHURE. (Prononcé amanchure). Plan, combinaison, gâchis. Se prend toujours en mauvaise part: Peut-on voir des emmanchures pareilles; Qu'est-ce que c'est que cette emmanchure-là?; Ça, c'est une pauvre emmanchure.
   Le mot est au Dictionnaire, mais avec d'autres sens.




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.