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PAROLI
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PAS

bonnes, mais j'en ai trouvé des gâtées parmi; Je prendrai des choux avec des pois parmi.
   La Fontaine a dit comme nous: «Ces deux emplois sont beaux, mais je voudrais parmi / Quelque doux et discret ami». ([Fables], L'Ours et l'Amateur des jardins).
   Parmi est souvent employé comme adverbe dans la vieille langue: «Mais le garçon qui ne dort qu'à demy / Ouyt le bruict, si se jeta parmi». (SAINT-GELAIS).

   PAROLI. Parole, langage.
   Je transcris ce qui suit d'un passage du Folklore de M. Barbeau ([Blason, géographie et généalogie populaires de Québec, Journal of American Folklore, vol. 33, no 130, 1920]): «Un pêcheurs de Gaspé, François Saint-Laurent, nous a fait remarquer: En descendant à l'Anse-au-Griffon, j'ai trouvé que les gens n'ont plus le même paroli qu'ici; c'est des curieux parolis; on dirait qu'ils sont des Acadiens».

   PAROUESSE. Paroisse. Nos aïeux de France prononçaient comme nous. On trouve parouesse dans les Conférences (XVIIe siècle).
   «Dire chouse pour chose, et courtès pour courtois, /    Parouesse pour paroisse et Françès pour François... / Sont des perfections dont aujourd'hui se couvre /    La noblesse française». (RÉGNIER, XVIIe siècle).

   PARRAINAGE. Être de parrainage, c'est être parrain ou marraine. Verrier [et Onillon] nous di[sen]t qu'en Anjou «parrainage est un nom collectif sous lequel on désigne toutes les personnes qui ont assisté à un baptême».

   PART. Nous disons improprement: Prendre la part de quelqu'un pour prendre son parti. Cette locution fautive est tirée de l'anglais to take one's part.
   «Non loin de là certain vieillard /
S'ennuyait aussi de sa part», de son côté. (LA FONTAINE).
   Être à la part, travailler à la part, c'est avoir sa quote-part des bénéfices d'une affaire.
   Nous disons aussi: à part de lui pour lui excepté; à part de cela tout va bien, à l'exception de cela tout va bien.

   PARTIR. Partir un magasin, un négoce, une compagnie: fonder, établir, lancer. Vient de l'anglais to start.

   PAS. Pas, adverbe de négation, a la même origine que pas, mouvement des pieds l'un devant l'autre. Comme ce mouvement est de très courte durée, pas s'est substitué, petit à petit, à la particule ne, forme affaiblie du latin non, comme signe de négation. Les écrivains, dans la plupart des cas, conservent ne, qu'ils combinent avec pas. Le peuple, tant de France que d'Acadie, se débarrasse de cette particule encombrante. Il dit: J'irai pas; Je veux pas, pour je n'irai pas, je ne veux pas.
   Les poètes, dans les phrases interrogatives, rejettent souvent la particule ne par dessus bord.
   Pas, en Acadie, entre dans des phrases comme celle-ci: Je lui ai écrit pour pas qu'il vienne. Cette manière de parler est très incorrecte. Un marchand canadien me disait, en parlant d'un commis qui lui avait été recommandé: «Il est moins capable que pas». C'est plus mal encore.
   Dans la phrase suivante, pas a plutôt un sens affirmatif: Voulez-vous pas dîner avec nous? George Sand ([Les] Maîtres sonneurs) emploie point dans le même sens: «Voulez-vous point manger?»
   Un pas grand-chouse est une personne peu recommandable.
   Pas moins! Interjection!
   Faire un pas de conduite, c'est comme en France accompagner quelqu'un.
   «Le Lion n'y fut pas, qu'à ses gens / Il se plaignit d'être malade». (LA FONTAINE, [Fables], Tribut envoyé [par les Animaux] à Alexandre).




Source : POIRIER, Pascal. Le Glossaire acadien, édition critique établie par Pierre M. Gérin, Moncton, Éditions d'Acadie; Moncton, Centre d'études acadiennes, 1993, 500 p.