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M A Î T R E  G U I L L A U M E


P H I L O S O P H I E  S O C I A L E
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Sans le peuple, nulle prospérité, nul développement, nulle vie; car point de vie sans travail, et le travail est partout la destinée du peuple.

Qu'il disparût soudain, que deviendrait la société.. Elle disparaitrait avec lui. Il ne resterait que quelques rares individus dispersés sur le sol, qu'alors il leur faudrait bien cultiver de leurs mains. Pour vivre ils seraient immédiatement obligés de se faire peuple.

Or, dans cette société, presque uniquement composée du peuple et qui ne subsiste que par le peuple, quelle est la condition du peuple.. que fait-elle pour lui.

Elle le condamne à lutter sans cesse contre des multitudes d'obstacles de tout genre,qu'elle oppose à l'amélioration de son sort, au soulagement de ses maux; elle lui laisse à peine une petite portion du fruit de ses travaux ; elle le traite comme le laboureur traite son cheval et son boeuf, et souvent moins bien ; elle lui crie sous des noms divers : Une servitude sans terme et une misère sans espérance!

Si l'on comptait toutes les souffrances que, depuis des siècles et des siècles, le peuple a endurées sur la surface du globe, non par une suite des lois de la nature, mais des vices de la société, le nombre égalerait celui des brins d'herbe qui couvrent la terre humectée de ses pleurs.

En sera-t-il donc toujours ainsi. Cette multitude est-elle destinée à parcourir perpétuellement le cercle des mêmes douleurs. N'a-t-elle rien à attendre de l'avenir. Sur tous les points de la route tracée par elle à travers le temps ne sortira-t-il jamais de ses entrailles qu'un lamentable cri de détresse. Y a-t-il en elle ou hors d'elle quelque nécessité fatale qui doive jusqu'à la fin lui interdire un état meilleur.. le Père céleste l'a-t-il condamnée à souffrir également toujours.

Ne le pensez pas, ce serait blasphémer en vous-même.

Les voies de Dieu sont des voies d'amour . Ce qui vient de lui ce ne sont pas les maux qui affligent ces pauvres créatures, mais les biens qu'il répand autour d'elles avec profusion.

Le vent doux et tiède qui les ranime au printemps est son souffle, et la rosée qui les rafraichit durant les feux de l'été est sa moite haleine.

Quelques-uns disent : Vous êtes en naissant destinés au supplice ; ici-bas votre vie n'est que cela et ne doit être que cela. Mais le supplice, ce sont eux qui le font et parce qu'ils ont fondé leur bien à eux sur le mal des autres, ils voudraient persuader à ceux-ci que leur misère est irrémédiable et qu'essayer seulement d'en sortir serait une tentative aussi criminelle qu'insensée.

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Source : Maître Guillaume, Dorchester Crossing (N.-B.), vol. 1, n° 5 (juin 1954).