page



  APPENDICES 69
du comité du Terrain de la Grand-Prée et les principaux Acadiens des provinces maritimes n'assistaient pas au dévoilement de la statue, qui eut lieu le même jour par lady BURNHAM, l'épouse du président des délégués.

Je tire du "Devoir", de Montréal, le compte rendu suivant du dévoilement de cette statue:

AU MONUMENT D'ÉVANGÉLINE.

"Lady BURNHAM, au dévoilement de la statue, a dit:

Je ressens profondément l'honneur que vous me faites en me demandant de dévoiler cette magnifique statue d'une femme qui est devenue le type incarné de la prédicatrice. Évangéline est la noble conception d'un poète américain dont nous avons appris à lire les vers lorsque nous étions tout enfants, deux deux côtés de l'Atlantique. L'histoire a répandu une lumière nouvelle sur l'histoire de l'Acadie et nous constatons aujourd'hui que la politique anglaise n'était pas aussi noire qu'on l'a peinte. * Mais quel que soit le vrai de cette histoire, comme femme et comme Anglaise, je la considèrerai toujours comme une des pages les plus malheureuses de nos annales. Dieu merci, ces jours sont maintenant dans la passé pour toujours et une grande vague de sympathie monte aujourd'hui vers la destinée d'Évangéline.

L'Empire britannique est maintenant en amitié durable avec la France, et cette amitié est plus solide, depuis quelques jours, qu'elle ne le fut jamais auparavant. La guerre, avec toutes ses horreurs et ses chagrins, nous a réunis, par la bravoure de ses fils bien-aimés et héroïques, avec des anneaux d'acier. Ypres, Vimy, la Somme, et tous ces autres faits de glorieux héroïsme sont inscrits à jamais dans nos coeurs. Si ces chers disparus pouvaient parler aujourd'hui, ils diraient: "Restez unis et ne faites pas que notre sacrifice ait été accompli en vain."

Le soleil, comme une véritable bénédiction, tombe aujourd'hui sur nous tous qui sommes aujourd'hui réunis pour honorer cette douce femme. Sous ses rayons, dans votre merveilleux pays, si rempli de beautés et de promesses, nos vieilles haines sont mortes. Il ne reste plus que les deux caractères de nos races, et ces deux caractères sont dignes de l'admiration du monde


(*) Il aurait été préférable, pour l'honneur de la vérité historique, que lady BURNHAM se fût abstenue de proférer de telles paroles, lesquelles ont pour but de pallier le crime de l'expulsion. Ni elle, ni d'autres ne parviendront jamais à justifier la déportation des Acadiens.




Source : GAUDET, Placide. Le Grand Dérangement : Sur qui retombe la responsabilité de l'Expulsion des Acadiens, Ottawa, Ottawa Printing, 1922, 84 p.