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  APPENDICES 51
le 9 septembre 1694: "le dit Thériot est le plus considérable des Mines, dont il est comme le fondateur, ayant avancé presque tous ceux qui y sont venus s'habituer, sa maison étant l'asile de tous les veuves et orphelins et gens nécessiteux."

Voici son extrait de sépulture tiré des REGISTRES de Saint-Charles de la Grand-Prée:

"Aujourd'hui 21 de la présente année 1725 est décédé Pierre Therrio, âgé de 60 ans, après avoir reçu les sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Extrême-Onction. Son corps a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, le 22 dudit mois de mars de la même année, étant mort le 21, avec les cérémonies de notre mère la Sainte Église Catholoque, Apostolique et Romaine.

Fr. Isidore Colet, missionnaire des Mines."

Que Pierre Thériault fut ou non le donateur du terrain qui forme aujourd'hui le Parc commémoratif de la Grand-Prée, ses cendres y reposent. *

Lorsque le terrain, cédé par Pierre Thériault ou bien par Pierre Melanson, sieur de la Verdure, fut endigué, les eaux des hautes marées cessèrent de l'entourer et d'en former une île.

En quelle année fut bâtie la première église de la Grand-Prée? Voilà une question qu'on ne peut résoudre au juste, vu que les données se contredisent. Par un "recensement de la colonie de l'Acadie" fait en 1689, on voit qu'il y avait un prêtre aux Mines, mais il n'est pas fait mention d'église. À cette date, il y avait une église à Port-Royal et une autre à Chignictou, et deux prêtres à Port-Royal, un aux Mines, un à Chignictou et un à Pentagouet.

L'historien catholique américain Gilmary Shea, lors d'un voyage qu'il fit à la Louisiane en 1887, se rendit à St-Gabriel, Iberville, et trouva au presbytère de la paroisse les volumes des REGISTRES de la paroisse de ST-CHARLES de la Grand-Prée, que les Acadiens avaient emportés avec eux lors du Grand Dérangement. En 1888, Shea écrivait à feu Mgr C. O'Brien, Archevêque d'Halifax, que ces REGISTRES commençaient en 1688 et finissaient en 1755. En apprenant cette nouvelle, Mgr O'Brien s'adressa à l'archevêque de la Nouvelle-Orléans, le priant de bien vouloir ordonner que ces REGISTRES lui fussent envoyés à Halifax. Cette demande, d'abord favorablement accueillie, fut ensuite refusée. Il est mal-


(*) Il n'eut pas de lignée. Sa veuve convola en secondes noces le 12 août suivant avec Étienne Racois dit DeRosier, maître chirurgien, qui fut inhumé le 30 janvier 1732, et sa veuve fut enterrée le 18 octobre 1741, aussi dans le cimetière de la Grand-Prée.




Source : GAUDET, Placide. Le Grand Dérangement : Sur qui retombe la responsabilité de l'Expulsion des Acadiens, Ottawa, Ottawa Printing, 1922, 84 p.